LE CIMARRON URUGUAYEN EST UN CHIEN ÉQUILIBRÉ

Article réalisé par Renée VIZZARI - Revue CAMILA-NEA  ©

L'Uruguay est l'État qui possède la superficie la plus petite d'Amérique du Sud. Il a une frontière au nord et à l'est avec le Brésil; à l'ouest avec l' Argentine , dont le fleuve Uruguay la sépare, et au sud avec le Río de la Plata et l'océan Atlantique. A l'époque coloniale, son territoire était occupé par des Espagnols et des Portugais , puis par des Argentins et des Brésiliens, jusqu'à ce qu'Artigas et ses héritiers conduisent la petite république à l'indépendance. C’est un pays austère et européanisé dans ses immenses plaines, dédiées surtout au bétail, mais dans ses quelques forêts tropicales il conserve un petit noyau de population indigène qui pratique encore des rites ancestraux. Montevideo est la ville la plus peuplée du pays avec plus de 1,3 millions d'habitants, c'est à dire plus d'un tiers de la population de l'Uruguay. Les Uruguayens sont principalement des descendants d'Européens : beaucoup d'entre eux sont originaires d'Espagne, d'Italie, mais aussi du Brésil et d'Argentine. Environ 8%de la population est métissée, d'origine à la fois européenne et amérindienne. L'élevage constitue la principale activité agricole de l'Uruguay et représente une part importante de ses exportations annuelles, sous forme de viande, de laine et de peaux. Le cheptel est essentiellement composé d'ovins et de bovins et le pays est un des premiers producteurs de laine au monde. Les principales cultures sont celles du soja, de la canne à sucre, de la betterave à sucre, du blé, du riz, des tomates, du sorgho et du maïs. L’Espagnol Juan Dias de Solis est le premier explorateur à débarquer, en 1516, sur les terres de l’actuelle Uruguay. Ne peuple alors cette région que la tribu d’Amérindiens des Charruas qui vont repousser les tentatives de colonisation des Européens le long du Rio de la Plata pendant de nombreuses années.

LE CIMARRON EST CONSCIENT DE SA FORCE, IL EST SUR DE LUI

Le drapeau est constitué de 9 bandes alternativement blanches et bleues, avec un soleil couleur or qui occupe le cadre en haut à gauche. Le drapeau a les proportions suivantes : la longueur et la largeur ont une proportion de 3:2 et l'espace qui contient le soleil coupe les cinq premières bandes. Le dessin du soleil consiste en un cercle rayonnant, avec une figure et possède 16 rayons alternativement droits et ondulés. Le soleil a un rayon de 11/15 du cadre blanc. Les neuf bandes horizontales alternativement blanches et bleues font chacune référence à l'une des divisions politiques formant le pays en 1828, il y en avait neuf. Il s'inspire du drapeau de l'Argentine et du drapeau des États-Unis. Le soleil est un symbole révolutionnaire commun en Amérique du Sud, le Sol de Mayo (« Soleil de Mai ») darde ses seize rayons, alternativement droits et ondulés, qui symbolise l'indépendance du pays.

Le pays a eu 12 drapeaux différents entre la conquête espagnole de 1813 et aujourd'hui.

Le drapeau d'Artigas est l'un des trois drapeaux officiels de l'Uruguay avec le drapeau national et le drapeau Treinta y Tres. La référence à Artigas rappelle José Gervasio Artigas, héros de l'indépendance de l'Uruguay face à l'Espagne en 1815.
Le Général Don José GERVASIO ARTIGAS qui a reçu la distinction en 1797 « Père de la Nation  urguayenne» citait : 

"Quand je manque d'hommes pour combattre mes  adversaires, je dois me battre avec des chiens  Cimarrons"

Entre Espagnols et Portugais

Les conquérants parviennent tout de même à fonder la première ville uruguayenne, San Salvador désormais nommée Dolores en 1574. Lorsque les Portugais viennent établir des colonies au bord du Rio de La Plata à partir de 1680, créant notamment Colonia del Sacramento, les Espagnols se sentent menacés dans la possession de « leurs » terres. Ils montrent alors un plus vif intérêt pour la région.  Les colons espagnols s’installent peu à peu, chassant finalement les Portugais en 1777, date à laquelle ils conquièrent Colonia del Sacramento. Les terres formant l’actuel Uruguay sont rattachées à la vice-royauté de Buenos Aires, située de l’autre côté du Rio.

En 1810, révolutionnaires uruguayens et de Buenos Aires s’unissent sous la direction du Général  Artigas pour se révolter contre l’Espagne, menant à la création d’un gouvernement uruguayen en 1815. Profitant de cet affaiblissement espagnol, les Portugais prennent d’assaut l’Uruguay, il faudra attendre 1825 et une union uruguayenne avec les Argentins pour que le pays prenne le dessus sur le Brésil.  En 1828 est officiellement déclarée l’indépendance de l’Uruguay, puis vient le tour de la  république, instaurée en 1830.

Blancos et Colorados ?

Mais les conservateurs (blancos) et les libéraux (colorados) s’opposent, menant à la guerre civile : c’est la période de la Guerra Grande (1839-1852). Durant cette époque débarquent massivement les immigrants français et britanniques. L’Uruguay gagne la réputation d’être l’un des pays les plus progressistes d’Amérique du Sud.

C’est également une période d’immigration européenne (Italiens, Allemands, irlandais notamment), alors que l’Uruguay s’industrialise.

« Sculpté par la nature et le temps qui passe, le Cimarrón est l'équilibre parfait entre un animal utilitaire et de compagnie »

 

Histoire du Cimarron

Au cours de l’histoire, bon nombre de ces chiens  furent abandonnés et relâchés dans la nature. Retournant à l’état sauvage, ils se développèrent alors naturellement, s’adaptant aux conditions climatiques et de vie que leur offrait l’Uruguay. Le Cimarron Uruguayen à proprement parler n’est donc pas une race de chien créée par l’Homme, ni le résultat d’un méticuleux travail de sélection et de reproduction, mais bien le fruit de siècles d’évolution naturelle ayant permis de conserver les individus les plus forts et les plus intelligents.

Le Perro Cimarron uruguayen est la race nationale de l'Uruguay, utilisé dans son pays dans diverses fonctions. Il descendrait de chiens européens introduits par les conquérants portugais et les explorateurs espagnols,  lors de la conquête des Amériques, qui commença à la toute fin du XVème siècle. Plus précisément, il descendrait notamment de l’Alano Espagnol et de Lévriers.

les « Perro Cimarro »  étaient utilisés pour terroriser les villageois dans l'ensemble de l'Uruguay et ont été régulièrement chassés et tués. Un certain nombre de fermiers parvenus à apprivoiser et éduquer quelques chiots se révélèrent très endurants et ont rapidement gagné en popularité.

Sa robe bringée, par exemple, serait le résultat de la sélection naturelle, lui permettant de se camoufler dans la campagne uruguayenne. De fait, vivant en meute et redoutable chasseur, on ne lui connaissait aucun prédateur. Certains historiens pensent d’ailleurs qu’il fut, alors qu’il était à l’état sauvage, à l’origine de la diminution des effectifs des grands félins présents sur le territoire uruguayen, comme les cougars et les jaguars. Les exigences de la vie sauvage les a forcés à se fondre dans la nature, à se dissimuler dans la végétation locale. Le camouflage était impératif pour pratiquer l’affût et protéger les chiots des autres prédateurs. C’est pourquoi les robes actuelles du cimarron mimétiques bringés et beiges l’ont emporté sur les autres couleurs.

C’est un chien de travail polyvalent appelé par divers noms en fonction de la région dans laquelle il se trouve. Son appellation officielle a été fixée par les autorités du pays, mais il fut également connu, et continue de l’être, sous d’autres appellations dans certaines régions :

« Chien Criollo, Molosse Uruguayen ou encore Cimarron de Cerro Largo »

Les habitants de cette époque, reconnaissant la valeur de ces chiens, les ont domestiqués et ont progressivement commencé à les utiliser avec succès comme gardiens de leurs propriétés et comme chiens de troupeaux dans leur travail de tous les jours avec le bétail et comme chasseur de gros gibier.

C’est un excellent chien de poursuite et excellent gardien de bétail, mais également un redoutable chien de garde, patrouillant les fermes pour chasser les intrus. Indépendant et  intelligent, il accepte tous les membres de famille, mais obéit habituellement à un seul maître. Les femelles sont plus dociles, les  mâles sont très territoriaux,.

LE CIMARRON URUGUAYEN

Dominique VIZZARI

Le Cimarron Uruguayen est un chien de type dogue, Rectiligne, Longiligne, Eumétrique et Mésocéphale, de taille moyenne 58 à 61 cm pour les mâles et 55 à 58 cm pour les femelles avec une T° de 2 cm, il est fort, compact, avec une bonne ossature, bien musclé et agile.

Bien proportionné, il est légèrement plus long que haut (11/10), le garrot est à la même hauteur que la croupe, son museau est à peine plus court que le crâne et la distance du sol au coude est égale à celle du coude au garrot. C’est un chien courageux, ses allures sont faciles, couvrant bien le terrain, en mouvement les membres sont  parallèles, mais convergent vers l’axe du plan médian lorsque la vitesse augmente (piste unique).

La tête est en harmonie avec le corps, elle est de taille moyenne, avec un museau légèrement plus court que le crâne qui est plus large que long, présentant un occiput légèrement marqué. Le stop vu de profil est  modérément marqué. La truffe est large, noire ou assortie à la couleur de la robe. Le museau est puissant, de largeur moyenne, à peine plus court que le crâne. La lèvre supérieure couvre la lèvre inférieure mais elle n’est pas pendante.

Les mâchoires sont fortes, puissantes avec des dents fortes, bien alignées, la denture complète est recherchée, bien qu’on admette l’absence de PM1. L’articulé en ciseaux doit permettre un contact étroit des incisives, implantée bien d’équerre par rapport aux mâchoires. Les masséters sont bien développés mais pas trop proéminents.

Les yeux sont de taille moyenne à grande, en forme d’amande, son regard doit être interrogateur, et sa couleur, de toutes les nuances du marron, selon la couleur de la robe, l’œil plus foncé est recherché. Les paupières épousent bien le globe oculaire et sont totalement pigmentées. Les oreilles sont de dimensions moyennes, attachées ni trop haut, ni trop bas, elles sont triangulaires, tombantes mais non accolées aux joues ni en forme de rose. Le cou est fort, musclé, pas trop long. Sans fanon.

Le corps présente une ligne du dessus, horizontale ou légèrement ensellée juste derrière le garrot qui est bien dessiné. Le rein est court, fort et légèrement convexe. La croupe est de bonne longueur, large, inclinée à 30 degrés par rapport à l’horizontale.

La poitrine est haute, bien descendue au moins au niveau du coude, large et bien développée avec des côtes bien cintrées mais pas en cercle de tonneau. Le poitrail est bien dessiné. La ligne du dessous est légèrement relevée. La queue est épaisse, attachée à hauteur moyenne, elle doit atteindre le jarret. Au  repos, elle est portée basse, en action, elle est portée horizontalement ou légèrement vers le haut.

Les membres antérieurs vus de face, sont droits et parallèles (bien d'aplombs). L’épaule est bien inclinée. Le bras est de même longueur que l’omoplate. L’angulation scapulo-humérale est fermée. Les coudes ne doivent être ni en dedans, ni en dehors. Les avant-bras, sont droits, dotés d’une forte ossature. Les  métacarpes, vus de profil sont légèrement inclinés. Les pieds antérieurs sont ovales, avec des doigts bien serrés et des coussinets forts.

Les membres postérieurs sont musclés et puissants, droits et parallèles, vus de derrière (bien d'aplombs). Les cuisses sont bien développées. L’angulation coxo-fémoral est fermée. Les grassets (genoux), bien angulés. Les métatarses, fermes et de moyenne longueur. Les pieds postérieurs de forme « pieds de chat » avec des coussinets forts. La peau épaisse et souple est pourvue de poils courts, lisses, bien couchés sur le corps, avec du sous-poil.

Les couleurs autorisées sont, le bringé ou le fauve dans toutes ses nuances, mais aussi bringé de bleu ou fauve bleuté, avec ou sans masque. La robe fauve peut être charbonnée. Les marques blanches sont permises uniquement dans les régions suivantes :  la mâchoire inférieure, la gorge, le poitrail, le ventre et bas des membres à condition de ne pas dépasser la hauteur du carpe ou la mi-hauteur du métatarse.

 

CIMARRON URUGUAYEN

 

Uruguay

 

Standard FCI n° 353

 

Cimarron Uruguayo

 

 Reconnu officiellement par la FCI le 08/07/2022

 

 Age de la confirmation : 15 mois

 

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